
Qu’est ce que la Réglementation Environnementale (RE) 2020 ?
Quel est l'objectif de la RE 2020 ?
La Réglementation Environnementale 2020 établit les objectifs de performance des constructions dans le cadre de la consommation énergétique et de l’impact environnemental des bâtiments.
C’est la performance globale de l’ouvrage qui est considérée dans la réglementation environnementale RE2020.
Les 2 données qui sont prises en compte pour le calcul sont la résistance thermique et l’impact carbone des menuiseries extérieures.
Pour les menuiseries extérieures, c’est du coté des seuils que les professionnels travaillent en priorité.
D’abord pour améliorer la performance thermique en hiver mais également le confort en été.
Les évolutions du marché se traduiront donc par des performances améliorées sur la déperdition et sur le facteur solaire.
Pour le critère carbone, ce sont les quantités de gaz à effet de serre émises sur la totalité du cycle de vie des menuiseries qui sont comptabilisées pour le calcul de l’impact environnemental global du bâtiment.
Ce chiffre devra être inférieur à un seuil, exprimé en kg équivalent CO2 généré dans l’atmosphère.
Cette réglementation inclut donc plusieurs niveaux de performances énergétiques, dont les bâtiments à énergie positive (BEPOS) et les constructions passives.
Elle est appliquée depuis 2023, dans un premier temps pour les constructions neuves, puis elle sera progressivement étendue aux autres bâtiments.
Le grand projet de cette législation est de développer à long terme les constructions à énergie positive (BEPOS) et économes en ressources naturelles.
Le projet couvre donc 2 volets, sous le label E+C- :
Ce label, lancé en 2018, a eu pour but de préparer l’arrivée de la RE2020. La RE2020 s'appuie donc sur les retours d’expérience des chantiers réalisés dans le cadre de ce label.
Les niveaux des performances d’un bâtiment neuf sont caractérisés par :
- Un niveau « Énergie » basé sur l’indicateur BilanBEPOS,
- Un niveau « Carbone » basé sur :
- Eges : Indicateur des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie ;
- EgesPCE : Indicateur des émissions de gaz à effet de serre de produits de construction et des équipements utilisés.
Qu’est ce qu’un bâtiment à énergie positive (BEPOS) ?
- C'est un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme (chauffage, climatisation, électricité, ventilation, eau chaude sanitaire) ;
- et qui est économe en consommation d’énergie (isolation renforcée, construction bio-climatique).
Qu’est ce qu’un bâtiment économe en carbone ou “énergie grise” ?
- Ce type de bâtiment utilise des énergies et composants le moins impactant lors de sa construction et de son utilisation
- Ces mêmes matériaux devront être valorisables en fin de fin vie : sous forme de recyclé ou de combustible
- Favorise les énergies décarbonées et/ou renouvelables utilisées dans la cadre de la réalisation des matériaux de la construction, ainsi que du fonctionnement des bâtiments.
L’objectif est d’abaisser autant que possible le bilan carbone, que ce soit dans le choix des matériaux de construction ou dans le choix des énergies de fonctionnement.
Cette performance est rendue possible par l’utilisation de matériaux intégrés depuis la conception du bâtiment – de l’ossature de l’édifice jusqu’à son isolation – à l’utilisation des énergies renouvelables, l’exposition du bâtiment, mais aussi le choix du système de chauffage/réfrigération.
Qu’est-ce qu’une construction passive ?
- Ne consomme pas d’énergie : pour les usages principaux (ventilation, éclairage, eau chaude sanitaire, climatisation et chauffage) qu’elle ne produirait pas elle-même ;
- A un niveau d’isolation thermique très important pour réduire ses besoins en énergie ;
- Doit pouvoir maintenir une température homogène à 19°C minimum.
Comment être en conformité avec la réglementation RE 2020 ?
La réalisation d’habitat type RE2020 se crée au travers d’une labellisation E+C-
On doit prendre en compte l’impact environnemental et sanitaire des composants, en utilisant les Fiches de Données Environnementales et sanitaires (FDES) et les PEP (Profil Environnemental Produit) présents sur la base INIES.
Ces éléments peuvent être une ventilation avec récupération de chaleur, une isolation thermique renforcée, une captation efficace de l’énergie solaire, des fenêtres de haute qualité, la limitation des consommations énergétiques des appareils ménagers notamment via la généralisation des LEDs, la récupération des eaux pluviales…
Les murs, toits, voire fenêtres sont donc mis à profit pour accumuler puis restituer la chaleur ou pour produire de l’électricité.
On parvient à un excédent en énergie grâce à des principes bioclimatiques et constructifs mais aussi via le comportement des habitants qui vont consommer moins d’énergie.

Quel impact pour les habitants de ces logements labellisés RE2020 ?
La réglementation thermique RT 2012 tenait compte de 5 usages dans son calcul énergétique : chauffage et refroidissement, production d’eau chaude sanitaire, l’éclairage et auxiliaires.
Ce principe est reconduit dans le cadre de la RE2020.
La prise en compte des consommations énergétiques générées dans le cadre de l’utilisation des appareils ménagers ou électroniques (ordinateurs, télévision, réfrigérateur) est pour le moment mise en attente, à cause de la complexité de mise en oeuvre.
Nous, habitants et citoyens, devrions consommer moins d’énergie, à titre individuel, pour tendre vers le zéro gaspillage énergétique.
C’est donc via l’évolution de notre comportement (et l’éducation que nous donnerons à nos enfants) que nous pourrons respecter la réglementation RE2020, en consommant moins et plus efficacement.
Voici quelques exemples de comportements que nous pouvons d’ores et déjà adopter pour faire des économies d’énergie :
- Réguler la température du chauffage (système de régulation /programmation du chauffage) et de l’eau chaude.
- Privilégier à l’achat un logement bien orienté, bien isolé.
- Automatiser l’allumage et l’extinction des luminaires.
- Automatiser la fermeture des volets ou le réglage des lames.
- Choisir des lampes/ampoules basses consommation.
- Débrancher les appareils non utilisés quand ils ont un systèmes de veille, car ils continuent de consommer de l’électricité.
- Dégivrer le frigo de temps à autre, car un appareil givré consomme plus d’électricité (+30% de consommation en plus).
- Ne lancer un lave-vaisselle ou une machine à laver que quand ils sont pleins.
- Installer un système de stop douche pour couper l’eau lors du savonnage, ou un système réduisant le débit.
- Mettre une chasse d’eau à double commande pour réduire la consommation d’eau en consommant plus justement.
- Couvrir les casseroles.
Quels bâtiments sont concernés par la RE2020 ?
La RE2020 s’applique en plusieurs étapes :
- Dans un premier temps, elle concerne : les maisons individuelles et les logements collectifs.
- Ensuite, dans un second temps, elle concerne : les bureaux et les bâtiments d’enseignement primaire et secondaire.
- Enfin, dans un troisième temps, elle concerne les bâtiments tertiaires spécifiques : hôtels, commerces, gymnases, …

RE2020 – vers la décarbonation du bâtiment
La RE2020 intensifie les exigences en matière de réductions des consommations énergétiques précédemment instituées par la RT2012. Mais elle ajoute aussi des objectifs ambitieux de limitation des émissions de gaz à effet de serre.
La France passe donc d’une réglementation thermique à une réglementation environnementale.
Cela implique de :
- Réduire l’impact carbone de la construction des bâtiments ;
- Poursuivre l’amélioration de leur performance énergétique : sobriété énergétique et décarbonation de l’énergie ;
- Garantir le confort thermique dans un contexte de changement climatique (fortes chaleurs).
La RE2020 vise clairement à la décarbonation du secteur du Bâtiment, en s’attaquant d’abord à la phase de construction. Celle-ci, pour un bâtiment neuf et performant, peut représenter entre 60 et 90% de son impact carbone total.
Il faut savoir qu’en France, le secteur du bâtiment représente 44 % des consommations d’énergie et environ 25 % des émissions de CO2.
L’ensemble des nouvelles exigences fixées par la RE2020 va notamment engendrer la disparition progressive du chauffage exclusivement au gaz… Mais aussi la montée en puissance des systèmes constructifs bas-carbone visant la décarbonation des matériaux et un recours plus courant au bois et aux matériaux biosourcés ou géosourcés.

Quels sont les objectifs de la RE 2020 ?
OBJECTIF 1 : Des bâtiments qui consomment moins
Le RE2020 renforce fortement les exigences de sobriété énergétique, comme celles portant sur les émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées pour le chauffage. Ainsi, la RE2020 signe la fin progressive des logements neufs chauffés uniquement au gaz.
Pour cela, la loi a déterminé un besoin climatique, le Bbio, qui traduit le besoin en énergie d’un bâtiment pour rester à une température confortable – en chaud comme en froid. Ce Bbio dépend fortement de la qualité de l’isolation et de la conception globale du bâtiment (notamment son orientation).
Le seuil maximal du Bbio sera abaissé de 30% par rapport à la dernière règlementation, la RT2012.
L’objectif est de faire sortir de terre des bâtiments mieux conçus, mieux isolés… pour des factures plus basses !
En parallèle, la loi fixe un seuil maximal d’émissions de gaz à effet de serre des consommations d’énergie. Ce seuil exclut de fait les systèmes de chauffage fonctionnant exclusivement au gaz. Pour les maisons individuelles, le seuil de 4 kgCO2/m²/an permettra de diviser par 10 en moyenne les consommations des ménages.
Pour les logements collectifs, la transition sera plus progressive (entre 2022 et 2025) car actuellement 75% des logements récemment construits sont chauffés au gaz. Il faudra d’abord permettre le développement à grande échelle de solutions alternatives.
Le seuil fixé au départ (14 kgCO2/m²/an) permet de conserver un chauffage au gaz, à condition que le logement soient énergétiquement performant. Mais dès 2025, la loi prévoit de le baisser à 6.5 kgCO2/m²/an, et cela impliquera de trouver d’autres alternatives innovantes.
Ces alternatives seront à chercher du côté de la chaleur renouvelable, car le gouvernement empêchera un retour vers le radiateur électrique, gros consommateur d’énergie et qui pèse sur le réseau électrique au plus fort de l’hiver.
Entre 2022 et 2028, l’abaissement du seuil de 14 à 8 puis à 6.5 kgCO2/m²/an incitera fortement à la décarbonation.
OBJECTIF 2 : Des constructions bas-carbone : vers la diversité des modes constructifs et la mixité des matériaux
La phase de construction est la plus émettrice de gaz à effet de serre sur toute la durée de vie du bâtiment. L’objectif est de diminuer les émissions du secteur d’au moins 30% d’ici 2031.
La réglementation introduit des seuils maximaux qui additionnent les impacts carbone de tous les matériaux et équipements du bâtiment. Ces données sont fournies par les fabricants eux-mêmes. La phase de chantier est également incluse dans le calcul afin d’encourager les pratiques vertueuses.
Cependant, la loi prévoit de tenir compte de cet impact carbone sur toute la durée de vie du bâtiment : c’est ce qu’on appelle le calcul de l’analyse du cycle de vie. Cet indicateur est mesuré en kgCO2/m².
Cette méthode de calcul favorise les matériaux qui émettent peu de carbone ou qui stockent du carbone dans les bâtiments (le bois par exemple, ou les matériaux biosourcés). Cela valorise également les industriels engagés vers la décarbonation ou ceux qui présentent un fort taux de réemploi ou de recyclage, comme VEKA.
Pour créer une filière à la hauteur de ses ambitions, le Gouvernement prévoit de développer une production industrielle nationale de bois pour éviter d’accroitre les importations et pour massifier l’usage du bois (et autres matériaux biosourcés) y compris en gros-oeuvre, dans l’individuel ou le petit collectif.
Cette nouvelle façon de procéder va transformer en profondeur les modes constructifs. Des techniques plutôt minoritaires seront la norme de demain. Ce changement sera progressif pour monter en puissance tout en maitrisant les coûts.
Ainsi, l’État prévoit un déploiement différencié selon le type de bâtiments : individuel ou collectif.
Entre 2022 et 2025, les industriels devront se familiariser avec le concept d’analyse du cycle de vie. Ils devront optimiser les caractéristiques environnementales de leurs produits, tout en en améliorant la traçabilité et la performance, pour les caractériser.
Cela incitera fortement à choisir des matériaux ayant la plus faible empreinte carbone.
La diminution progressive des seuils de l’exigence carbone (de 640 à 415 kgCO2/m²/an pour les maisons et 740 à 490 kgCO2/m²/an pour les logements collectifs) représente l’équivalent de 5 millions de véhicules circulant pendant 1 an. Ces exigences seront modulées selon la zone climatiques ou les contraintes géotechniques.
OBJECTIF 3 : Des bâtiments plus agréables en cas de canicule
Le réchauffement climatique va intensifier le nombre d’épisodes de canicule. Pour préparer des bâtiments adaptés, le RE2020 prévoit de tenir compte du confort d’été.
L’indicateur s’exprime en degré.heure (DH)3 et ne devra pas dépasser 1250 DH. Cela correspond à 25 jours avec un logement à 30° le jour et 28° la nuit. Le seuil maximal est le même pour toute la France.
La loi prévoit également un seuil bas de 350 DH à partir duquel des pénalités s’appliqueront, pour inciter à concevoir des bâtiments agréables à vivre en cas de fortes chaleurs.
La climatisation passive sera ainsi privilégiée : orientation et forme du bâtiment, puits climatiques, brasseurs d’air, protections solaires… La loi sera aussi attentive à la qualité de l’air intérieur et de la ventilation, défaut récurrent observé pour les bâtiments neufs actuels.